Lloyd England, simple chauffeur de taxi ?

Regardons à présent le témoignage central de Lloyd England, chauffeur de taxi, qui aurait été contraint à une embardée après que le lampadaire n°1 ne percute son pare-brise, sans toutefois le blesser.

Llyod England raconta plus tard qu’un autre automobiliste s’arrêta et l’aida sans dire un mot à retirer le lampadaire avant de reprendre son chemin, apparemment sans s’intéresser aux autres dégâts.

England est un témoin clef de l’attaque sur le Pentagone et a été interviewé à de nombreuses reprises par les médias.

Photo du taxi de England : utilisée comme pièce à conviction pour le procès Moussaoui

 

England, à coté de son taxi ; le Pentagone ne s’est pas encore effondré

 

England a rapporté au Survivor Fund Project_ (lien direct périmé – mais témoignage repris sur ce forum) qu’après que le lampadaire n°1 se soit encastré dans son pare-brise, il s’arrêta, sortit de sa voiture, et à l’aide d’une autre personne qui ne prononça pas un mot, entreprit de retirer le lampadaire, et que seulement à ce moment là, il entendit le bruit d’une explosion.

 

On voit l’importance de ce témoignage. De par son positionnement, son rapport direct avec les dégâts causés par l’aéronef et les traces matérielles bien visibles (les photos du taxi de Llyod England ont fait le tour du monde), il constitue une pierre angulaire de la trajectoire officielle.

Pourtant, il est émaillé de contradictions. Tout d’abord, la chronologie qu’il a donnée au Survivor Fund Project n’est pas compatible avec la vitesse de l’avion (850 km/h) et la distance (300m) qui n’aurait pas laissé le temps à Lloyd England de faire plus que de serrer son frein à main avant l’impact contre la façade (1.3 seconde). De quelle explosion parle-t-il ? Et comment se fait-il qu’il n’ait pas mentionné l’explosion principale (que tant de témoins ont par ailleurs rapportée) ?

 

En 2006, une première interview de England a été menée par le CIT à son domicile à Washington, dans laquelle il confirme dans un premier temps sa version concernant les réverbères, puis fait part de ses doutes concernant la taille du trou dans la façade du Pentagone

 

Dans cette interview, il raconte qu’il aurait vu un avion s’approcher et heurter le poteau qui était juste devant lui. C’est alors que le poteau se serait décroché et aurait pénétré dans son pare-brise jusqu’à reposer sur la banquette arrière. Il aurait alors lutté pour arrêter sa voiture et se serait arrêté en travers de la route. Il se serait adressé au conducteur d’un van qui le suivait et qui l’aurait aidé sans dire un mot à retirer ce poteau de sa voiture avant de l’embarquer dans le coffre du van.

 

Cette version pose les problèmes suivants :

  • Comment le réverbère, long de plus de 5 mètres, a-t-il pu rentrer avec cette incidence dans le pare-brise du taxi ?
Illustration par Lloyd de la position du réverbère.

 

  • Comment l’avant du taxi a t-il pu rester intact alors que le réverbère était aussi tordu ? Pour ainsi dire, aucun dégât à l’intérieur (sièges arrières…), ni sur le capot
Photo prise le 12/09/2001

 

Intérieur du taxi

 

  • Comment 2 personnes ont-elles pu, en si peu de temps, extraire un lampadaire aussi long et lourd du pare-brise (lors d’interviews téléphoniques avec le CIT et sur NBC, England a effectivement confirmé que c’est bien la partie la plus longue, visible sur les photos ci-dessus qui s’est empalée dans son taxi) ?
  • Qui est ce mystérieux passant, apparemment aucunement affolé par la scène et étrangement silencieux qui est venu aider England sans s’inquiéter de son état ?
  • Pourquoi, alors que sa voiture est manifestement quasiment intacte hormis le pare brise, la Croix Rouge Américaine lui en a-t-elle offert une nouvelle, selon son propre témoignage ?
  • Pourquoi a-t-il tenté de retirer immédiatement le lampadaire alors que l’attaque venait de se produire, que le Pentagone était en train de brûler et que personne ne pouvait affirmer que l’attaque était terminée.

De plus, lors de cette interview, England présente une attitude contradictoire : il répète qu’il a bien vu un avion passer au-dessus de sa tête et heurter le lampadaire qui l’a frappé, mais en examinant les dégâts immédiatement après le crash, il adopte en revanche une position ostensiblement sceptique sur la nature des dégâts sur la façade et l’absence de débris.

 

Extrait :

« Je regardais vers le Pentagone, et il n’y avait pas de débris. Je veux dire… qu’est ce qui est arrivé à l’avion ? Il y a un trou dans le bâtiment, mais le trou n’est pas aussi grand que l’avion. La queue est plus haute que le trou. L’envergure des ailes… hey, comment un avion peut comme ca s’écraser dans un bâtiment sans qu’il n’en reste rien ? »

Comment England peut-il à la fois apporter un tel soutien à la version officielle puis sembler reprendre à son compte quelques uns des questionnements majeurs de ses contradicteurs [1] ?

 

Lorsque les enquêteurs du CIT lui demandent s’il n’a pas entendu l’explosion principale, il se souvient au contraire avoir été frappé par le grand calme qui régnait. Comment expliquer cette invraisemblance ?

 

En 2008, l’équipe du CIT, qui a entretemps mis à jour l’existence de la trajectoire nord, incompatible avec la position des lampadaires, a procédé à une seconde interview de England.

D’abord à son domicile, puis sur les lieux de son accident. Sept ans après les faits, il est toujours chauffeur de taxi à Washington.

 

 

Au début de l’interview (17’35’’), sa femme, Shirley England, prétend savoir pourquoi la voiture n’a pas été considérée comme une pièce à conviction par le FBI (pour lequel elle travaille), mais refuse d’en donner la cause au CIT. Mystérieusement (ou par malice ?) elle approuva à demi-mot Ranke lorsqu’il présenta sa théorie du Fly over (36’30’).

 

Puis, apparemment conscient que la position des lampadaires et de son taxi ne sont pas compatibles avec l’approche nord mise à jour par le CIT, England affirma que leur position sur la trajectoire sud était fausse (26’45’’), et qu’en réalité, son taxi était bien plus au nord, contredisant ainsi la trajectoire officielle et l’orientation des dégâts dans le Pentagone. Lorsque Craig Ranke lui montra les photos disponibles les plus connues de l’événement, montrant l’emplacement indiscutable du taxi sur le pont au dessus de Colombia Pike, (photos que England affirma ne pas connaître), il persista à affirmer que ce n’était pas la position réelle, répétant inlassablement « Je sais où j’étais ». Une visite sur les lieux n’apporta aucune explication supplémentaire à la différence entre sa version et les preuves photographiques.

Extrait (à partir de 1h05’):

England : « J’étais au niveau du Pentagone, pas sur le pont

Ranke : Mais le Pentagone était là…

England : Non, pas en réalité[…]. Les illusions que vous tirez de ces photos me placent quelque part, j’étais au Pentagone, pas sur le pont. Le pont est plus loin sur la route, je n’étais pas là-bas. […] Le pont est à proximité de Colombia Pike, je n’étais pas à proximité de Colombia Pike »

 

Entretemps, il accepta de montrer le taxi au CIT, et emmena l’équipe dans sa maison de campagne, où il était garé (40’30’’). En chemin, cette conversation étonnante eut lieu entre England et Ranke :

England : « Je ne suis qu’un petit homme. Cette affaire est plus grosse que moi. Elle concerne des gens qui ont beaucoup d’argent. L’Histoire n’est pas la vérité […]

Ranke : mais ils vont ont utilisé, c’est bien ça ?

England : J’en fait partie »

 

En caméra cachée, England explique que « cette affaire concerne des gens qui ont beaucoup d’argent »

 

Les contradictions d’England et ses aveux à demi-mot contribuent à rendre son implication dans l’attaque sur le Pentagone probable, même si la bonne volonté qu’il affiche et la simplicité de son mode de vie montrent qu’il n’a probablement pas joué un rôle majeur dans l’opération.

 

Qu’en est-il des agents gouvernementaux qui bloquèrent la circulation autour du taxi d’England rapidement après l’attaque ?

Qui sont ces agents entourant le taxi d’England ?

A ce jour, ces personnes n’ont jamais été interviewées afin de définir leur rôle exact.


[1] England semble du reste versé dans le « conspirationnisme » : au moment des faits, il lisait Children of the Matrix (visible sur le siège de son véhicule), livre de David Icke, qui est un modèle en la matière. La thèse centrale de ce livre est en effet que des forces supérieures et invisibles contrôlent les destinées humaines au moyen de techniques de manipulations depuis des millénaires… Dans un premier temps, England affirma à Ranke « qu’il lit simplement un peu de tout » puis, lors de la seconde interview, dit l’avoir lu dans le cadre d’un cours dédié aux conspirations « comme cette anglaise morte dans un tunnel et les trucs des gouvernements.[…] J’étais surpris que ça m’arrive à moi également ». Quel genre de cours enseigne les théories de la conspiration ?